Luis Correia
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Le 19 février
Départ de Fortalezza vers le mouillage de Luis Correia. 36 heures de navigation sans problème.
Les dernières barques de pêcheurs
avant la nuit et la succession inévitable des grains
Le 21 au petit matin, la plupart des bateaux sont en attente devant l'entrée du Rio, pour profiter de la marée montante.
une petite vedette du RIDS nous attend et contacte les voiliers par VHF
et un convoi en file indienne s'engage sur la trace entre les bancs de sable jusqu'au mouillage.
avec débarquement par annexe sur fort courant de 3 à 4 noeuds lors des marées
un skipper déséquilibré par une autre annexe tombe à l'eau et dérive très vite réussit à s'agripper,
mais son annexe n'est récupérée que beaucoup plus loin
Luis Correia est un petit port de pêche avec ses bateaux langoustiers caractéristiques
et son cabinet dentaire avec salle d'attente grande ouverte sur la rue
préparation des fêtes du Carnaval
dans la bonne humeur
le petit resto local
les débarquements des voiliers jusqu'à terre se font parfois en annexe mais le plus souvent par un service de petites vedettes disponibles toute la journée pour quelques sous. Et dont les marineiros sont d'une disponibilité et d'une gentillesse à toute épreuve... jusqu'à jouer les photographes
C'est l'occasion de bénéficier des compétences appréciées des mécanos locaux pour les révisions..
demain balade sur le rio Parnaiba
Luis Correia (suite) Balade sur le rio Parnaiba
Le 22 février
Départ en petites embarcations rapides
pour la journée sur le rio Parnaiba et son delta
la mangrove
la mer n'est pas loin et on passe d'un coup de cette végétation au sable le plus pur et le plus aride.
de la circulation sur le delta
mais partout et toujours un sourire ou un geste amical
une halte pour un bain de boue
à la recherche des crabes
relevé des pièges à crevettes tout le long des rives. D'eau douce ou d'eau de mer. Dans les menus les crevettes sont à "toutes les sauces", présente partout et toujours bien préparée, la "camarão".
en fin d'après-midi
ici c'est l'heure des oiseaux
et on y vient surtout pour l'envol des ibis rouges
Luis Correia (suite) Parc des 7 cités
le 23 février
à 130 km à l'intérieur des terres,
le Parc des 7 Cités, grande zone naturelle de forêts et de landes
où l'érosion a laissé des masses rocheuses aux formes bizarres, (ici suggère un éléphant ?)
craquelées par les alternances climatiques.
Des voyageurs des siècles derniers avaient vu dans ces groupes rocheux des vestiges de cités préhistoriques. Pure imagination.
des arches, des passages, des grottes, des trous d'où nous observent les chauves-souris
et où habitent on ne sait quels insectes
et pourquoi pas une vache !!
rencontre d'un "moco", rongeur paisible et peu farouche de la taille d'un lapin
mi-lapin mi-écureuil
plus inquiétantes ces sortes d'abeilles dont la piqûre est paraît-il immédiatement paralysante.
sur les parois, non protégées, des peintures rupestres à l'oxyde de fer qui dateraient de 6000 ans. Une main à 6 doigts (à gauche). J'ai peine à croire qu'elles aient pu résister autant de temps aux intempéries qui érodent et façonnent les roches et rester aussi fraîches !!
ce rocher est parait-il le portrait de l'ancien roi du Brésil, Dom Pedro.
une grosse averse dont le Brésil a le secret, heureusement pendant une pause bien méritée
quasiment impossible au Brésil d'obtenir une viande saignante !
presqu'autour des tables se prélassent de gros iguanes qui, eux ont sûrement traversé les 6000 ans et même bien plus.
Petite douche rafraîchissante après cette journée...
le guide façonne pour les enfants un petit bestiaire
Luis Correia - Souré
Le vendredi 25 février
Luis Correia - Souré
Départ de Luis Correia groupé, reprenant sur la carte GPS la trace d'entrée.
Dernières vues de la vie de ce petit port de pêche, très sympathique
de ses eaux limoneuses
derniers saluts
Caiperinha remonte son ancre avec, de la vase, des herbes et....une vielle ancre
on longe la côte en direction du delta de l'Amazone et Souré sur l'île de Marajo.
les langoustiers rentrent au port
c'est parti pour 450 milles et dès le départ absence de vent: 18 heures de moteur et de la pluie toute la nuit.
vigilance: les pêcheurs et les filets dérivants sont partout, pas toujours très visibles, surtout lorsqu'il pleut à verse.
des couvercles noirs se referment parfois, atmosphère infernale
passant devant le large delta du rio Pindaré, face à São Luis, les courants sont forts et les eaux du rio et la mer ne se mêlent pas:
la journée du 27: vent de face, courant de 2 noeuds de face, au moteur, pluies de grains successifs, pas de visibilité. froid sous la pluie et dans le vent (polaire sous le ciré), bien que nous soyons proches de l'équateur ! des pêcheurs partout, jour et nuit, des filets qu'on ne voit parfois qu'au dernier moment sous les grains. certains bateaux prennent un filet dans l'hélice. Nous passons sur un filet, heureusement sous voile et à bonne allure à ce moment.
Conditions de navigation éprouvantes pour tous les bateaux. beaucoup d'heures de moteur, conditions exceptionnelles dans cette région, non attendues, surtout ce courant contraire, on avait la notion d'un courant favorable longeant toute la côte nord du Brésil à partir de Récife. Des bateaux se sont trouvés à court de carburant, ravitaillés par des pêcheurs.
Les équipages sont arrivés fatigués de cette navigation aux conditions inattendues.
sans doute fatigué lui aussi un oiseau vient se reposer sur la filière.
L'arrivée au delta de l'Amazone devait se faire en se présentant à la renverse de la marée pour remonter le rio Para vers Souré avec le courant de la marée ( jusqu'à 4 noeuds de courant favorable). Les prévisions d'heures d'arrivée ont été pour certains bouleversées par ces conditions météo et le retard qui s'en est suivi.
remontée dans le chenal,
au milieu des bancs de sable, des barques de pêcheur et de quelques cargots regagnant la haute mer.
remontée du rio Para, pour moitié de nuit et arrivée au mouillage à 21 heures. A Souré.
Souré et son Carnaval
Souré est un village, port de pêche, à l'est de l'île de Marajo.
là où le rio Paracauri se jette dans le Rio Para.
le trapiche est le type de débarcadère qui permet aux bateaux de passagers d'accoster sur un rivage inhospitalier et soumis à la marée.
les annexes abordent au vieux ponton de bois branlant.
à marée basse on est sur le sable.
dès l'arrivée, réunion d'information, avant de découvrir...
la ville et la disposition particulière à angle droit de toutes les rues: des rues (rua) numérotées, coupées par des "travessa", aussi numérotées.
parfois les "travessa" ne sont que des chemins de terre
où déambulent en liberté les bufles.
placides et puissants utilisés à toutes les tâches
une ville aux maisons basses, aspect hétéroclite.
la cabine téléphonique de la station de taxi est bien spécifique au pays, et les taxis sont ici des mototaxis.
le café du coin proche du trapiche est la base des équipages, on s'y retrouve, on y discute, on y mange les poissons tout frais, on y boit la caipirinha, sous les fresques et images pieuses en tous genres.
Les religions sont très présentes et très suivies.
... et on passe au carnaval. A Souré 4 jours de fête. ça débute bien molement avec l'apogée le dernier soir. ça reste cependant un carnaval de village, avec la simplicité des moyens.
ça fait l'affaire de dizaines de charettes de restauration ambulante, les lumières, les fumées grasses de brochettes, les glaces qui dégoulinent...
mais aussi du "Café de Soure" et de son patron français. Si vous voulez manger une viande exceptionnelle, allez au café de Soure.
... lui aussi a bien le droit de s'amuser
Souré - Fazenda do Carmo
L'île de Marajo c'est déjà l'Amazone.
Grande comme la Suisse (dixit le Routard) plantée au beau milieu du delta. peu peuplée elle est la réserve d'immenses exploitations de culture et d'élevage: des miliers de buffles, des centaines et des centaines d'hectares par exploitation.
La Fazenda do Carmo est à plus d'une heure de trajet de Souré:
mi route, mi navigation, en barque ou en bac pour accéder à l'autre rive, en minibus,
et en pirogue au milieu de la mangrove et de la forêt.
premier contact avec le concert lugubre des singes hurleurs entraperçus.
arrivée à la "fazenda" do Carmo, le fleuve est le moyen de communication
une demeure que se transmettent les générations d'éleveurs
Claudio et Circé nous accueillent
tout de suite dans le vif du sujet avec une balade à dos de buffle
avec un sprint final très disputé et incertain jusqu'au bout, au pas allongé dans la boue, entre Jade et Mauscatty
pause avant le déjeuner-maison préparé par Circé, efficacement secondée
mais l'essentiel n'est pas là, mais dans la fôret, sur l'eau, dans les arbres...
la chaleur humide, les senteurs, les chants d'oiseaux, les cris des singes hurleurs...
et le regard du paresseux...
les contortions des singes...
et le superbe toucan: un bec de couleur avec un oiseau au bout....
système D pour grimper aux arbres
retour au calme de la fazenda
avec sa petite faune environnante
avant une sortie nocturne pour tenter d'apercevoir la vie secrète des rives
les caïmans dont les yeux brillent dans le faisceau de lumière et qui plongent dès qu'on arrive, surtout...
les serpents inquiétants et dangereux qui se lovent dans les branches au dessus de nos têtes
Nuit sur place. Lever tôt
pour aller suivre au petit matin la traite des buffles
et goûter le lait tiède
c'est le petit-déjeuner qui arrive
le retour se fera sous une pluie diluvienne dont l'Amazone a l'habitude...
mais bonne aubaine pour les systèmes de récupération d'eau des bateaux. Ici il n'y a pas d'avitaillement en eau potable.
avant de partir un salut à notre sympathique piroguier, au regard aigu capable de repérer la nuit le moindre petit serpent sur une branche ...
Souré - Belem
Le 9 mars départ de Souré, en convoi à 6 h 30 pour remonter avec la marée sur une cinquantaine de miles.
Arrivée à Belem vers 14 h. Trajet au moteur. Répétition de ce que sera quotidiennement la navigation sur l'Amazone.
On fait un traveling de toute la ville pour aller au mouillage
on passe devant les anciens docks réhabilités
devant le célèbre marché "Ver o Peso"
le port de pêche
on s'éloigne du centre...
et contourne la ville par le sud...
Mouillage dans le lit du Rio face au ponton de l'hôtel Beira Rio, qui est la base du RIDS pendant le séjour à Belem.
la météo est là aussi pour nous accueillir
sous le grain visibilité quasi nulle...
des bateaux dérapent sous les rafales...
le vent emporte...
et tout rentre dans l'ordre.
Belem Ver o Peso
Nous voici à Belem, porte de l'Amazone. J'y arrive avec une sourde crainte, réputation d'insécurité comme dans aucune autre ville du Brésil visitée depuis près de 3 mois. Au mouillage nous avons accès à terre par l'hôtel Beira Rio, inséré dans un quartier très pauvre, comme une favela. Il conseillé de ne sortir de l'hôtel que par le bus qui s'arrête en face, ou en taxi, même dans la journée, pour se rendre en ville. Des quartiers très fréquentés du centre sont fortement déconseillés le soir ou le dimanche. La région est très pauvre, les touristes riches suscitent l'envie.
Premier contact bien pratique avec la ville par un "tour" organisé.
départ en minibus à travers les quartiers "à risque"
à côté du marché au poisson à l'architecture métallique bleue
et du port...
...le marché "Ver o Peso" est installé sous des tentes à demeure, le long du quai de la "Baia do Guajara".
le nom vient de ce batiment en restauration: le Ver o Peso = "voir le poids". Autrefois les controleurs venaient ici controler et taxer les marchandises au poids.
organisé par secteur
poisson grillé, riz et manioc pour 3 sous
tous le fruits ou légumes imaginables sont ici... et ceux qu'on ne connaît pas
pour la prospérité du commerce chassons le "mauvais oeil"
la mistura de charcuterie le roi de la "mistura"
Toutes les herbes de l'Amazonie et toutes les fioles de concentré sont là pour soigner (pas pour guérir)
toutes les maladies, tous les organes et les dysfonctionnements
j'ai demandé un produit pour éloigner les moustiques (ici ils sont sensés connaître):
si un jour vous allez au Ver o Peso pour vous procurer
un antimoustique surtout n'achetez pas le "Andiroba" de la mère Machin !! je ne sais pas si ça éloigne les moustiques mais les humains surement, tellement ça pue la peste... et surtout pas 2 flacons d'un coup !
rien de tel qu'un de ces inombrables et suculents jus de fruit pour se remettre
contigu, dans le prolongement du marché pittoresque et populaire du Ver o Peso, en contraste les Anciens Docks réhabilités en architecture moderne de métal et de verre, conservation des anciennes grues jaunes. le tout très pur, très beau, design et très froid.
on passe directement des tentes du Ver o Peso au tunel de verre et métal
une bierre très spécifique est fabriquée et vendue ici dans cette brasserie abritée par les docks
on termine ce premier aperçu de Belem par une promenade sous les ombrages tropicaux du parc Goeldi, en plein centre ville, grande végétation abritant des animaux d'amazonie, certains en liberté.
retour à l'hôtel Beira Rio qui sera, face au mouillage, le point de raliement de tout le RIDS pendant 10 jours.
avec le ponton de débarquement des annexes, 2 grandes terrasses sur piloti avec bar et restaurant, une piscine, les taxis et l'arrêt de bus pour le centre ville, et des chambres dont nous profiterons Claudine et moi jusq'au départ pour Santarem et Manaus
Parc Mangal das Garcas
Dimanche 13 mars
A l'initiative de Philippe (Caiperinha) petite balade en ville
halte dans un "restaurant au kilo", avec des inscriptions religieuses partout
on croise des récupérateurs de mangue,beaucoup de manguiers comme arbres des rues.
puis vers le parc Mangal das Garcas
Parc dédié aux oiseaux et papillons,
au centre un phare avec une belle vue circulaire de Belem de sa terrasse.
et à coté une grande terrasse sur la mer, bar-boite en plein air où se produisent des groupes de musique.
Belem suite
Le 14 mars
à Belem
Á l'initiative de Philippe de Caiperinha,
nous décidons de traverser la baie de Guajara pour aller manger, en face, un poisson dans une de ces maisons-restaurants, sur pilotis où l'on vit un peu de cela, un peu de la pêche, un peu de la forêt.
Mais tout commence par un démonstration de mécanique artisanale:
petit volant de jouet qui renvoie à l'arrière par une ficelle la commande du gouvernail
la commandes gaz aussi, morceau de bois et ficelle.
démarrage à la manivelle comme il se doit
éclairage qui doit ne fonctionner que s'il fait sec...
le réservoir d'huile et l'échappement du circuit de refroidissement.
Départ en pirogue à moteur. le moteur à échappement libre pétarade, le bruit se propage sur le plan d'eau et résonne dans toute la baie d'une berge à l'autre. fonctionnement artisanal qui vaut le spectacle,
Sur place le repas est improvisé, plus qu'un restaurant c'est une terrasse sur pilotis. L'homme de la maison fait la route en sens inverse pour aller chercher sur l'autre rive le poisson qui manquait ! mais le repas sera bon, les poissons sont toujours délicieux, l'accueil sympathique. On visite ce coin de vie rudimentaire où tout est ouvert, simplement à l'abri de la pluie,
tout est organisé ici pour l'auto-suffisance.
une vie simple et tranquille
et un soucis, un peu théorique, de l'environnement:
"les ordures par terre ça n'est pas la solution pour préserver la nature"
retour sur l'autre rive, à Belem.
Arrivée de la marée à Belem, marché de l'açai
vendredi 18 mars
Arrivée des pêcheurs
Pour une nuit, l'hôtel Beira Rio où nous avons une chambre pour 10 jours, en face du mouillage, n'a plus de place (réception d'un séminaire) et nous demande de vider les lieux pour une nuit. Nous prenons une chambre dans le centre de Belem, place de la République, ce qui nous permet d'être sur place à 6 h du matin pour aller sur le port voir le déchargement du poisson, les bateaux étaient arrivés dans la nuit à marée haute.
A 6 h le port est à sec, les bateaux posés,
les caisses de poissons passent à terre, c'est l'effervescence, le brouhaha,
des porteurs se fraient leur chemin dans la foule avec des caisses énormes sur la tête,
des bascules partout,
les transactions se fond sur le quai, ça glisse, on frôle ou se fait bousculer par toute la foule impregnée, ça sent fort (3 jours après et malgré une lessive et des douches nous sentons encore le poisson), au milieu, des carioles vendent des boissons, des pasteis, sortes de chaussons à la viande, au poisson, ou au fromage, ça mange et ça boit "sur le pouce". Atmosphère.
2 h plus tard, il n'y a plus rien, les poissons sont sur les étals du marché couvert juste à côté, bien rangés.
De l'autre cõté du port la foule aussi,
on traverse et se trouve dans le même type de marchandage actif et bruyant: le marché de l'açai. la place est couverte de paniers tous identiques remplis d'açai et qui semblent servir de mesure de transaction. toute cette production part à "l'exportation", c'est à dire dans les autres états du Brésil.
(voir les infos sur l'açai:http://fr.wikipedia.org/wiki/Euterpe_oleracea )
On finit comme tout le monde par prendre le café du matin dans une de ces gargottes qui bordent les marchés. Ambiance de halles. C'est le coeur actif et vivant de Belem avec à côté le marché Ver-o-Peso.
retour en ville, ce n'est encore que le début de la matinée.
les commerçants commencent tout juste à s'installer.
De retour praça da Republica, j'entre dans une pharmacie "Pharmacie du travailleur".
On trouve au Brésil de la cinnarizine, très efficace contre le mal de mer. Produit très ancien retiré de la vente en France (c'était un produit pour "la circulation cérébrale") mais qui est vendu dans tous les pays d'Europe...et le Brésil, je demande 2 boites (mes réserves étant avec Elanaveva au fond de l'Océan). Le pharmacien me dit: "si vous achetez 3 boites vous en avez une 4ème gratuite ". je crois rêver. Je vais raconter cela à mon pharmacien en rentrant.
Ici tous les médicaments sont en vente libre, sauf les antibiotiques "en principe" sur ordonnance.
Ici les panneaux publicitaires pour les cabinets médicaux ou centres de soins sont autorisés et s'affichent en grand sur les façades.
départ du RIDS pour l'Amazone
samedi 19 mars
l'ensemble des bateaux du RIDS quitte le mouillage pour 3 semaines sur l'Amazone, jusqu'á Afua, passant par Almerim.
on peut suivre ce périple sur les blogs en lien dans la colonne de gauche et en particulier le site de Bakea.
la flotte est précédée d'un bateau pilote, le "São João"
où se trouvent le staff du RIDS, et aussi une équipe de pompiers-plongeurs et des militaires pour la sécurité.
les bateaux partis,
l'espace de la baie de Guajara est étrange, vide, rendue á son aspect habituel et livrée au seul traffic des barques et pirogues
La grande terrasse sur l'eau, toujours animée, est devenue silencieuse et vide. les grandes marées amènent l'eau jusque sur la partie inférieure et oblige les tables à un repli en hauteur.
Notre départ pour Santarem et Manaus est pour mardi 22 mars. Nous continuons notre découverte de Belem.
Dimanche après-midi, la ville habituellement bourdonnante est étrangement vide ( la place du marché de l'açaï à côté du port de pêche) ...
... et comme endormie
et au fond le marché aux poissons, sorte de chateau de la Belle au Bois Dormant.
les rues désertées
sont livrées à leurs éboueurs: les charognards, les urubus
Le 21 mars, dernière journée à Belem
Il fait chaud. la terrasse ombragée du bar du Parc, Place de la République, plein centre, à côté du Théâtre, est l'endroit idéeal pour planifier la journée. Jus de fruits inoubliables.
balade dans le quartier de Nazaré, résidentiel,
immeubles fin XIX, quartier d'affaires,
et d'établissements scolaires aux élèves en uniformes
la cathédrale Notre Dame de Nazaré,
la chapelle de 1774 remplacée en 1908 par la cathédrale actuelle.
La célèbre procession du Cirio de Nossa senhora de Nazaré, "une des plus grandes manifestations du monde catholique" (le Routard).
sur les marches de la cathédrale
retour à notre hôtel Beira Rio, il nous faut traverser...
cette longue route
de misère
et d'insalubrité incroyables
où l'on vit et s'amuse quand même
Amazone
Claudine est arrivée à Belem le 16.
Aujourd`hui 22 mars, nous embarquons, Claudine et moi sur un petit bateau de ligne qui remonte l'Amazone jusquà Santarem, ou nous passerons quelques jours en découverte de la foret, puis vers Manaus avec 4 jours en immersion dans la foret "fermée" amazonienne, visite de la ville et de son célèbre théatre, puis retour a Belem.
je rejoindrai à Afua les bateaux du RIDS et en particulier Pytheas de Nadège et Bertrand avec qui je naviguerai vers les Antilles.
Les bateaux du RIDS ont quitté Belem samedi 19 en direction d Afua.
J ai déjà donné quelques bagages sur Pytheas, dont mon PC, par sécurité. je ne pourrai donc pas alimenter le blog, au moins en photos, avant Afua.
De Belem à Santarem
Mardi 22 mars
Nous nous présentons à 17 h à l'embarcadère,ponton de ciment où on accède par une descente en terre caillouteuse, plutôt terrain vague qu'accés à un bateau de voyageur. Pas d'accueil, pas de bureau, directement sur le bateau comme si on montait dans une barque. On vient obligatoirement en taxi car on traverse un quartier de favela assez difficile.
le "Santarem" à quai charge des tonnes de fruits et surtout des oignons, non pas dans des soutes, mais sur le pont inférieur.
Il faut emprunter avec notre bagage la même planche branlante pour monter à bord et se faufiler entre les marchandises ou s'effacer devant un porteur pour escalader une sorte d'escalier-échelle vers le pont supérieur. Odeur de vieux raffiot, activité de chargement, ça grouille. Sur un bout de table un employé grognon et débordé prend notre billet et notre passeport pour nous inscrire au stylo-bille sur son grand cahier. La clé et on gagne notre cabine, réduit un peu crasseux, avec une petite "salle de bain" qu'on a envie de nettoyer ! mais avec une douche. L'eau est celle du fleuve, c'est-à-dire limoneuse, marron et froide. Lit, matelas et draps semblent bien propres. Une climatisation de fou qui en fait un vrai frigidaire. Une employée interrogée nous dit que c'est la clim générale du bateau: inréglable. Première étape colmater les bouches de climatisation avec tout ce qu'on trouve: des morceaux de PQ roulés, recouverts de sacs de plastique attachés difficilement avec le sparadrap des pansements et qui manquent d'être arrachés par la soufflerie puissante. Avant de sortir assister au spectacle du chargement, de l'entrée des voyageurs et attendre le départ, on pulvérise un bon coup d'insecticide "Raid" un peu partout. On n'est pas difficiles mais quand même !
19 heures, nuit noire, le bateau largue les amarres avec 1 h de retard et passe entre les îles face à Belem pour gagner le lit du Para. C'est partit pour 3,5 jours de navigation.
très vite, d'autres bateaux de passagers, semblables nous accompagnent et dans la nuit une escadre de 8 bateaux éclairés remonte le fleuve. Problème de sécurité ? les bateaux se doublent, les uns les autres, changeant constamment de position relative, très près les uns des autres; réguliérement les pilotes éclairent leur route d'un puissant coup de projecteur, repérant les gros troncs d'arbre qui flottent, les îles d'herbe flottantes, explorant les berges.
les bateaux cotoyés sont éclairés et montrent les pontons de hamacs multicolores, et la nuit qui se prépare à bord.
le lendemain matin la rive est basse, la forêt jusque dans l'eau, les habitations en bois sur pilotis avec toutes un ponton et une pirogue, c'est la saison des pluies, le niveau est très haut au ras des habitations parfois.
sur l'eau des îles flottantes, grandes plaques d'herbes avec leurs racines parfois profondes qui se sont détachées avec le courant et les pluies et descendent le fleuve. c'est un problème pour les petits bateaux de voir leur safran ou l'hélice pris dans cet écheveau. Aussi des troncs d'arbre sans doute échapés des coupes plutôt que déracinés, mais grand danger pour la coque d'un voilier !
très vite en ce début de matinée, surgissent des pirogues de chaque habitation. parfois la famille entière, parfois des enfants seuls, une mère et son tout petit sur les genoux, à la rame, ils s'approchent très près du bateau.
ils viennent tous avec les mêmes gestes de demande attendre les sacs de platique que la cuisine du bord leur jette avec sans doute les restes de la veille,
grande habileté pour récupérer ces sacs malgré les remous du sillage qui balottent ces pirogues comme des bouchons. certains repartent bredouilles.
Quelque chose de poignant.
Le paysage défile
avec les maisons en bois enchassées dans les rives bordées des grands arbres n'offrant comme seule issue que la pirogue sur le fleuve.
On ne se lasse pas de ce spectacle toujours pareil et toujours différent.
Dans la matinée le bateau arrive à Breves,
première petite ville, apparemment sans charme, point de débarquement des approvisonnements et montée à bord de quelques passagers, activité du bois dans ce petit port de l'île de Marajo.
le bateau ne va pas à quai mais s'immobilise au milieu du fleuve, un plus petit bateau l'accoste, quelques passagers montent emjambant les bastingages de manière acrobatique, un bébé passe de main en main; sur le toit de ce bateau des vendeurs de pain, de fruits, de victuailles, de glaces les transactions se font d'un bord à l'autre.
de l'autre coté des pirogues ont accosté et toutes essaient de vendre leur produits pour 3 sous.
Puis tout le monte s'écarte et le bateau repart.
Avant de monter à bord on nous avait conseillé de prendre de la nourriture, de l'eau, des fruits: " à bord on ne propose que du riz et des haricots, ce n'est pas très bon, il ne faut pas boire l'eau, qui est de l'eau du fleuve simplement filtrée". Tableau un peu inquiétant, s'apparentant à la survie. On avait donc fait les provisions.
En fait il y a un coin abrité, bar avec 3 tables, à l'arrière qui vend toutes les boissons voulues, en bouteille, et des sachets de chips de banane ou autres choses à grignoter.
Dès le début on nous prévient à l'heure du repas qui est servi au premier ponton dans une petite salle à manger
( où l'on accède en traversant le dortoir des hamacs) où un monte-charge apporte de la "cuzinha" du dessous des plateaux en fait bien acceptables avec assiettes de poulet ou de viande et riz-haricots obligatoire dans tout le Brésil. On a eu le repas pour 5 euros. Repas à heures fixes 12 h et 19 h. Si on arrive à 12h 30, c'est trop tard ! comme ça nous est arrivé,
et pourtant le serveur nous a fait asseoir et a recommandé pour nous chacun une assiette, que l'on a mangé sous une image pieuse et la copie du psaume 23 !
on reprend la contemplation des rives.
Le bateau emprunte parfois des bras de fleuve très étroits et on pourrait presque toucher des branches, mais lorsque le lit s'élargit, il navigue toujours près de la rive, louvoyant facilement d'un bord à l'autre pour éviter le courant contraire au milieu.
on commence à voir pas mal de scieries et des trains de bois tractés sur le fleuve.
Des zones manifestement déboisées.
Quelques villages d'une dizaine de maison
avec l'église en bois au bord de l'eau.
Dans la nuit il a beaucoup plu et on voit sortir de la forêt des cours d'eau noire, chargés de l'humus de la forêt; petit "partage des eaux" a minima.
Avec une grande habileté des piroguiers viennent tenter de vendre à bord leur marchandise:
ils s'approchent à la rame sur le trajet du bateau et lorsqu'ils sont près d'être touchés,
ils harponnent avec un crochet métallique un des vieux pneus qui entourent la coque et se font happer en pleine vitesse, amarrent leur pirogue et grimpent à bord, repartent aussi facilement leurs affaires faites.
24 heures plus tard,
l'escale d'Almerim, sur le cours de l'Amazone, ville plus importante (c'est là que le RIDS doit faire les formalités de sortie du Brésil)
On accoste à quai, les amarres sont fixées à des pieux qui plient de maniére inquiétante, on a l'impression que le bateau va partir avec tout le ponton de bois !
Échanges de passagers, de marchandises, on descend avec d'autres, acheter des pasteis (chaussons à la viande), tout à coup alerte ! le bateau part, sans prévenir. Course jusqu'à la planche de bois qui est enlevée juste derriére nous. Un touriste à raté le départ, le bateau fait une legère manoeuvre pour se rapprocher et le récupérer. Tout se passe à la bonne franquette, bien informel.
Après un coucher de soleil superbe sur l'Amazone
Nouvel arrêt à la nuit dans le village de Prainha,
des gamins se précipitent pour vendre leurs "pasteis". Effervescence autour du bateau à quai.
La vie à bord se déroule au niveau du pont supérieur, étroit, juste un passage devant les chaises en plastique que chacun tente d'occuper, soit sur le bord le plus intéressant, soit à l'abri du soleil ou de la pluie. Le point de rencontre est le bar à l'arrière dont la porte est calée ouverte par un gros haut-parleur qui hurle sa musique dès le matin. Certains brésiliens passent la journée assis à côté !! pour nous la question est de trouver le point le plus éloigné et abrité de ce tintamare assourdissant.
la plupart des passagers sont brésiliens, les quelques touristes se reconnaissent rapidement. nous sympathisons rapidement avec Hans, suisse-allemand, la soixantaine, qui parcourt le Brésil en bus et en bateau. Grand voyageur il semble avoir tout vu, y compris la Corée du nord; ses meilleurs souvenirs: l'Antarctique et Bora-Bora. Mais c'est un amateur de vin et il a tenu à ouvrir sur le pont une bonne bouteille de vin chilien qu'il nous a fait partager (excellents les vins chiliens), au coucher de soleil magnifique sur les rives de l'Amazone: "c'est la vie", dit-il.
Ayrton jeune brésilien mais vivant et travaillant en Suisse, informaticien, brillant, polyglotte, très ouvert, et sympathique, accompagné de son amie, rencontrée au cours de son voyage, une jeune Allemande "bourlingueuse", qui a traversé seule (!!) toute l'Afrique et continue vers l'Australie. Rencontre intéressante d'un jeune étudiant brésilien en géologie, avec qui j'ai discuté pendant 2 h, tant bien que mal en portuguais ! Toute une vie relationnelle s'installe en quelques heures.
Après Almerim le paysage change,
d'abord des reliefs au loin,
puis un paysage inondé, bas, de type camarguais,
les enclos sont submergés en cette saison.
le bateau passe d'un bras de riviére étroit á la partie la plus large de l'Amazone dont on ne voit qu'à peine la rive opposée.
le 26 vers 14 h Santarem est en vue.
Le bateau accoste sur un quai qui ne donne sur rien,
sinon un chemin de terre et de cailloux, où les véhicules ne peuvent descendre et non pas au port. On nous dit que le commandant du bateau a des intêrets ici.
Adieu à nos rencontres de navigation. Miguel et Takekon, nos guides pour Santarem et Alter do Chão sont là. Nous avons 8 heures de retard, ils sont là depuis 6 heures du matin.
Santarem - Alter do Chão Canal de Jarry
Vendredi 25 mars
Nos guides pour Santarem et Alter do Chão: Miguel et Takekon, l'un suisse italien, l'autre japonais, nous accueillent à la sortie du bateau. Miguel sera le guide culturel et touristique, Takekon chauffeur, employeur de Miguel, s'occupe de la logistique, parle peu. Tous deux sont très attentifs et font de leur mieux. Nous ne somme que 2, pas de groupe, personne d'autre pour partager les commentaires.
Notre hôtel à Alter do Chão, à 30 mn au sud de Santarem.
Samedi 26 mars Il a plu toute la nuit, avec orages et éclairs. à 8 h nous sommes au "café da manha", petit déjeuner, lorsque Miguel et Takekon arrivent et nous proposent de reporter à demain la sortie en barque prévue aujourd'hui.
Nous prolongeons le temps du petit déjeuner sur cette terrasse - salle à manger, directement ouverte sur la nature et le jardin. Il pleut, il fait humide, mais il fait chaud. Devant nous un rideau de feuillage tropical, varié et dense, des fougères arborescentes, le temps est sombre, le ciel bas et gris, ce qui rend les couleurs plus intenses. Les feuillages sont d'une palette de vert, un camaïeu dont la saturation est accentuée par l'absence de lumière directe. Et au contact de cette végétation qui bouge sous la pluie, on sent l'humidité et l'odeur de la végétation mouillée. Devant nous une grande feuille de fougère étale comme ses doigts et les gouttes de pluie qui tombent les agitent et les font ployer séparément et donne l'impression d'une main verte qui pianote. Cette sensation visuelle, olfactive, sensuelle de végétation détrempée et chaude me rappelle tout à coup la même sensation forte qu'avait fait naître une description de la pluie sur la forêt tropicale chilienne par Pablo Neruda dans son livre "J'avoue que j'ai vécu"
l'hotel prolonge son jardin jusqu'à un petite plage sur le lac
dans la journée la pluie s'est calmée, balade à pied dans le village d'Alter du Chão.
l'église de Alter do Chão, , les paillottes submergées en cette période de pluies. les célèbres et magnifiques plages d'Alter do Chão ne sont découvertes que de juillet à décembre.
Dimanche 27 mars
Départ en pirogue pour le canal de Jari, parcours en noir
zone actuellement inondée, gite de nombreux animaux, oiseaux
halte de midi au bord du Tapajos
ce beau tambaqui grillé fera notre repas
l'habitat rond , collectif, traditionnel des tribus de l'Amazone: le maloca. Le poteau de soutènement est en "bois cathédrale"
retour par les rives, et cueillette de petits fruits amers très riches en vitamine C, l'acerola (appelé "cerise pays aux Antilles").
retour vers Alter do Chão, au pied de falaises rouges
La seule hauteur de la région permet un point de vue unique. Accès par un sentier parfois difficile et broussailleux
L'espace d'un instant Claudine s'est retrouvée en tête de marche et ...nez à nez avec un serpent venimeux et très dangereux, sur le chemin à moins d'1 mètre. Exclamation de frayeur, Miguel tue le serpent avec un très long bâton et nous montre les crocs .
récompense au sommet avec vue sur Alter do Chão et la forêt à perte de vue.
retour au coucher du soleil.
Santarem - Alter do Chão Forêt amazonienne
28 mars
Marche en forêt amazonienne dans le parc national du Tapajos
parcours en vert:
le Tapajos est un grand affluent qui se mêle à l'Amazone au niveau de Santarem.
par une route-piste aménagée spécifiquement pour le transport du sorgho, dont les champs marquent bien l'action et la limite de la déforestation.
un poste d'entrée dans le parc avec controle de police, passeport...
Arrivée à Jamaraqua, hameau d'où nous partons avec notre guide Luis,
Dans la maison des hôtes qui sert de relais, la petite fille de la maison fait ses devoirs
Miguel notre accompagnateur et Luis, notre guide indien
A Manaus, nous avons visité une exposition de sculpture de personnages indiens de l'Amazone, grandeur nature. J'ai l'impression que Luis a été pris comme modèle.
l'hévéa et la récolte du cahoutchouc
les lianes solides et envahissantes
et une sangsue au bout de la machette
des insectes qui resemblent à des brindilles
Une sorte de cigale et une migale dans son trou.
ouverture dans la forêt avec en fond le fleuve Tapajos.
une habitation traditionnelle.
retour au hameau où Concepçion nous a préparé du poulet riz haricots pâtes, tranches d'ananas arosé de jus de tapéréba et des petits fruits comme des mirabelles, qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Takekon, notre chauffeur et organisateur Concepçion, la maitresse de maison
un atelier de fabrication d'objets de cahoutchouc à partir de sève d'hévea. De la grande période de prospérité de la région amazonienne fin 19ème - début 20ème, il ne reste que cet artisanat.
l'atelier
plus loin une école en plein air.
retour au soleil couchant par une des belles plages d'Alter do Chão
Santarem
Visite de Santarem, à une trentaine de km de Alter do Chão, en bus local branlant et qui menace d'expirer à chaque côte.
petit port de pêche et d'excursions sur l'Amazone et le Tapajos
mais pas grand chose de bien marquant
des cabines téléphoniques originales, comme on en voit parfois
dans la région de l'Amazone
un petit musée municipal avec une exposition sur les indiens d'amazonie, sur les poissons du fleuve qui incite à la protection des dauphins roses.
et des salles officielles aux beaux parquets de bois de l'Amazonie et aux panneaux peints naifs et frais
les guides et les renseignements locaux conseillent la visite du petit musée Dica Frazao.
une collection de vêtements et d'accessoires uniquement en matières végétales. Dans le genre un travail de toute beauté, un travail de toute une vie.
Et nous avons la surprise de pénétrer dans le musée - maison d'habitation et d'être reçus par cette petite célébrité locale de 90 ans, qui tient à nous faire visiter elle-même sa collection.
et a une production de poèmes et de tableaux naifs.
une église en pâtisserie
de la ferveur
retour à Alter do Chão par des rues banales ...
Manaus le Théâtre
Manaus, 1,6 millions d'habitants. Pendant plus d'un demi siècle, des années 1850 à 1910, Manaus connut un développement prodigieux grâce à la culture de l'hévéa et la fabrication du caoutchouc. Des fortunes colossales ont construit cette ville, ses monuments, et des résidences somptueuses.
A partir des années 1910 et la culture de l'hévéa en Asie du sud-est, la ville connut un déclin brutal et intense. La création d'une zone franche après les années 50 a redonné un essor considérable aujourd'hui, et la restauration du patrimoine architectural et culturel est active.
Le théâtre est le monument emblématique de Manaus inauguré en 1896, il faut imaginer ce théâtre pratiquement au milieu de la forêt amazonienne, la ville de Manaus embryonnaire.
Tous les matériaux viennent d'Europe ( marbre de Carrare, marqueterie de France, miroirs de Venise, tuiles d'Alsace pour la coupole...).
Le rideau de scène a été peint à Paris.
Le plafond peint en France et apporté en entier.
A l'étage,
somptueuse salle de bal au parquet superbement marqueté,
des fresques, des lustres,
les grandes portes fenêtres sur un balcon ouvrant sur la grande place arborée.
ce théâtre est une des 4 ou 5 meilleures acoustiques du monde. Il est sur le parcours des plus grands artistes mondiaux. Une saison d'opéras et de concerts en avril, mai. On dit que des jets privés viennent des USA pour assister à certaines représentations.
La place entoure le théatre, grand espace libre, lieu de promenade,
les façades d'anciennes maisons ont été restaurées et repeintes.
Le soir, quelques terrasses de cafés ou restaurant permettent de profiter de la douceur du soir et du calme,
de déguster les inombrables et incomparables jus de fruits brésiliens.
Quelques spectacles en plein air certains soirs.
Manaus
En avion de Santarem à Manaus
Manaus, capitale de l'état Amazonas, est à près de 1000 km de la côte atlantique.
la disposition de la ville rappelle celle de Belem avec un centre historique en retrait et un peu en hauteur et la ville qui descend vers la rive du fleuve Amazone avec un port de pêche, un marché au poisson, un marché aux légumes et général qui tient lieu de "Ver o Peso". Il y a ici en plus un gros traffic de bateau de voyageurs et d'excursions.
ça grouille...
... chaque m2 est utilisé pour une petite activité
Le marché au poisson n'est pas abrité comme à Belem par un bâtiment remarquable. Il est dans un immense entre-sol, éclairé par une multitude d'ampoules électriques nues, tous les poissonniers sont en blanc. Quelle atmosphère !
tous les poissons de l'Amazone sont ici: un vrai livre.
Il y a des spécialistes: ceux qui ne découpent que les filets, ceux qui enlèvent les arêtes de certaines espèces... une dextérité époustouflante.
Et les poissonniers sont cordiaux, souriants et fiers de montrer leurs étals.
Un lieu à ne pas manquer à Manaus.
un peu plus loin, proche du marché aux épices et aux fruits-légumes, les restes en cours de restauration de la période faste et opulente du caoutchouc, de la fin du XIXème.
les marchés à la viande et au légumes
et tout autour...
une activité grouillante de vie, de bruit, on mange à toute heure, on s'amuse, ça rit, de la musique partout.
retour à la ville haute
avec un soucis de conservation du patrimoine.
sans crainte des couleurs
ou de belles restaurations de quelques demeures des magnats de l'industrie de la Belle Epoque, qui menaçaient ruine.
Celle du "baron" Scholtz
sur ces sièges se sont assis des personnages prestigieux, dont le président de la république française, alors pourquoi pas les ambassadeurs que nous sommes !
et la Maison Braga:
On imagine, vers les années 1890, le cocher conduisant les maîtres en tenue de soirée à une représentation de La Traviata au Teatro Amazonas
un petit musée, très peu connu, non mentionné dans les guides et qu'il faut voir: sur les indiens d'Amazonie: le Museu Amazonico.
au rez-de-chaussé une exposition de peintres brésiliens avec quelques oeuvres bien agréables:
et au 1er étage:
seulement quelques images de ce suberbe musée.
promenade dans les quartiers
restauration sur le pouce, mais surtout on profite jusqu'à satiété des jus de fruits du Brésil dont on ne se lasse pas: mangue, maracuja, cupuaçu, tapereba ...
Dans un quartier excentré, un parc zoologique de l'armée ! c'est le centre d'entrainement à la survie en forêt de l'armée brésilienne. Et les animaux ici sont ceux que peuvent devoir affronter les militaires:
certains inquiétants...
d'autres moins
de retour en ville:
l'ancien Ministère de la Justice, bâtiment de la grande époque a été reconverti pour la visite et les expositions temporaires
ici une exposition de sculpures grandeur nature de personnages indiens, où j'ai retrouvé le profil, comme calqué, de notre guide indien de Alter do Chão ( revoir le journal de cette étape )
expressions d'une grande justesse de traits et d'expressions.
les journées se finissent dans le quartier paisible du théatre, près duquel nous avons notre hôtel.
à écouter de la musique ou profiter d'un spectacle dans la douceur du soir.
Nous avons beaucoup aimé Manaus.
Malocas
malocas est le nom de ce type d'habitat rond et collectif des tribus indiennes.
Clichés du musée Amazonico de Manaus
Nous en avons rencontré à Santarem. C'est l'habitat traditionnel des tribus indiennes, habitat collectif où chaque famille occupe un segment.
Nous avons organisé quelques jours en forêt amazonienne, à une centaine de km de Manaus, dans un gite, un "lodge" (lodge = hutte d'indien)
Bruno est venu nous chercher à Manaus, une centaine de km de route, puis 30 mn de piste jusqu'à l'embarcadère:
puis 1 h de pirogue à moteur jusqu'à Malocas, où tous déplacements se feront désormais à la rame, à pied, en pleine forêt.
Accueillis par Bruno et son équipe, le cuisinier, l'entretient des bâtiments ( les batiments en bois doivent être reconstruits tous les 3 ans : les termites !), et pour nous surtout Mateus, indien qui connait la forêt et la nature comme sa poche et qui sera avec nous en permanence pendant ces 4 jours. Nous avons la grande chance d'être les 2 seuls hôtes de Malocas pendant ces jours et d'avoir l'équipe à notre disposition. En outre lors des sorties en fôret, il est, nous dit Mateus, impossible d'avoir le silence, l'immobilité, la discrétion nécessaires avec un groupe. Le jour de notre départ arrivera un groupe de 23 personnes.
les sorties en forêt ne sont pas totalement sans risque et Bruno vantait les mérites de Mateus et se réjouissait, grâce à lui, d'être un des rares gites à n'avoir jamais eu d'accident.
Clichés aériens de Malocas
le bâtiment commun.
ce type d'habitat est reproduit et utilisé par le "lodge Malocas" qui nous accueille à 1 heure de pirogue du plus proche village et sans autre accès, terrestre.
Tout de suite premier contact avec la densité de la forêt primaire
à la rencontre d'indiens chasseurs
avec des armes artisanales
la gachette est un morceau de bois qui lâche un élastique
et ça fera le repas du soir
aussi exploitant de la terre culture du manioc
et matériel tout aussi artisanal pour traiter le manioc
première découverte des merveilles de la forêt: les mygales, l'écorce détrempée qui s'enflamme, etc
que peut-on demander de plus !
soirée, sans pluie, autour d'un bon feu.
Pour nous mettre en condition pour la nuit on nous apporte
une de ces bestioles qui trainent partout ici...
heureusement on ne les verra pas à la lueur des bougies
le lendemain matin départ en pirogue, il a bien plu cette nuit:
la technique est simple et très efficace: un balancement énergique qui vide une bonne quantité d'eau à chaque fois. Il suffira de quelques coups d'éponge pour terminer
on part à la pêche aux piranhas; on reviendra bredouille, les eaux sont trop hautes.
et exploration en barque de la forêt inondée
d'étranges nids d'oiseaux; on devine au loin un toucan, dont les cris résonnent dans toute la forêt
le fleuve est un miroir qui joue au graphiste
capture d'un oiseau de nuit effaré, aussitôt relaché.
retour à la nuit.
le lendemain
la journée débute sous une pluie amazonienne
après la pluie, la journée reste grise.
Dans l'après-midi départ en pirogue pour une nuit en hamac dans la forêt amazonienne
avec avitaillement, hache et machette, hamacs et moustiquaires, etc.
Mateus cache le moteur dans les herbes pour 24h et tire le bateau au sec.
après 30mn de marche dans la forêt
abri traditionnel en branches de palmier, sous lequel sont tendus les hamacs
dès l'arrivée, Mateus allume un feu à l'aide d'une bougie, malgré le bois détrempé.
en quelques coups de machette ou de canif il nous fabrique, cuiller, pique,
bol en feuilles attachées avec des épines, plat en feuilles de palmier, etc...
des piquets fendus pour mettre des bougies.
Un peu plus bas une source claire permet de récupérer l'eau de boisson et pour faire cuire le riz.
les hamacs sont tendus entre 2 arbres, d'abord en dehors de l'abri, car il fait beau, sans menace immédiate de pluie. Les moustiquaires tendues par 2 petites branches.
les chaussures déposées à l'envers sur des piquets pour que ni l'eau, ni les bestioles n'y pénètrent, mais il faut vérifier quand même avant de les remettre !
Après le repas mangé debout: riz, saucisses grillées au feu, ananas, chacun intègre son hamac, Mateo a installé le sien un peu à l'écart. Le ciel est étoilé et Mateus nous dit qu'il n'y a pas de menace de pluie avant demain matin.
le feu continue de brûler et donne une clarté vacillante. Mateus va le réalimenter toute la nuit.
dans le noir de la nuit on voit tout-à-coup danser dans l'air une nuée d'insectes phosporescents, nuage phosphrescent agité et dans l'herbe quelques points phosporescents comme des vers luisants.
la forêt est pleine de bruits, d'oiseaux, de vent, de froissements. Un peu impressionnant quand même. On sait qu'il y a des jaguars et des panthères noires dans cette forêt, même si Mateus nous dit qu'il n'y en a pas dans ce coin-ci. Mais que si le feu repousse les singes et les gros animaux, il attire plutôt les serpents et les rongeurs. Dans la nuit on entend des bruits autour du campement. On entend Mateus qui se lève.
c'est un mucura, on ne l'a pas vu, mais le lendemain matin au lever tout les restes du repas avaient été mangés.
vers le milieu de la nuit, la pluie arrive, quelques gouttes dont je crois être protégé par les feuilles puis une vraie pluie tropicale. Mateus est debout, il déplace les hamacs pour les installer sous le auvent de palmes, qui ne suffira pas, on sort des grandes toiles en plastique qu'on étend au-dessus des moustiquaires, bonne protection mais chaque mouvement fait bouger le plastique, une fois ce sont les pieds, une autre fois la tête qui sont à la pluie, on tire d'un côté, on tire de l'autre, on sent l'humidité, la fraîcheur. Et puis il y a le ruisselement de la pluie le long du hamac: une rigole dans le dos, on a les fesses dans l'eau au fond du hamac, nouvelle solution à trouver: j'installe ma cape de pluie sous moi, dans laquelle je m'enveloppe. Avec toute cette humidité il commence à ne plus faire très chaud.Tant bien que mal j'arrive à me rendormir.
au petit matin, on réactive le feu. Les restes du repas du soir ont éffectivement été terminés par nos visiteurs de la nuit.
Mateus va chercher de l'eau à la source. Il nous fait du café filtré dans un morceau de tissu trempé dans l'eau bouillante. Il fait cuire des oeufs durs, et sort des biscuits (il aime le sucré dit-il). Tous ces dialogues avec Mateo se passent en portuguais et en anglais rudimentaire.
en s'éloignant pour chercher du bois il rencontre un serpent, qu'il pousse vers le campement à coup de long bâton. C'est paraît-il un serpent non venimeux, mais ici et maintenant, il ne nous est pas très sympathique quand même.
On range tout le campement, on laisse le matériel là pour partir faire 2 heures d'exploration dans la forêt épaisse. Mateus avance dans la végétation dense avec son inséparable machette. On avait pris la précaution d'acheter des bottes à Belem en vue de ces marches, on ne le regrette pas ! fourmis agressives, mygales, bestioles en tous genres, serpents, épines, tout cela est à portée de nos chevilles.
Nous avançons sans un mot. de temps à autre Mateus stoppe net, regarde, écoute, repart. On le suit se calquant sur ses attitudes. Tout à coup il s'arrête net le regard au sol, figé pendant un long instant. Puis il nous fait signe du bras nous indique à terre un endroit où on finit par distinguer un boa constrictor, en attente, immobile à quelques mètres. Lentement Mateus repart nous faisant signe de le suivre, grand détour. Le serpent n'a pas bougé. C'est un "petit" boa nous dit-il, environ 2,5 mètres.
rencontre avec le boa constrictor à quelques mètres, caché dans les feuillages, que Mateus a détecté aussitôt. Nous sommes impressionnés par sa faculté, à entendre, à voir, à distinguer, des serpents couleur de feuille au milieu des feuilles, immobile.
Au retour Mateus nous dessine et nomme quelques animaux que nous avons rencontrés.
retour à Malocas, l'embarcadère et au fond le malocas commun.
Les adieux
puis retour en pirogue à moteur vers Manaus sur un fleuve comme un miroir
retour par la piste
"interdit de stationner sur le trottoir"
jusqu'au retour à la civilisation, au premier village vers Manaus: Rio Preto da Eva










































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































